Comment l’argent est-il fabriqué ?

De nos jours, les banques commerciales sont à l’origine de 90 % de la création de monnaie en circulation.

L’argent est une notion universelle, reconnue par les entreprises, les individus et les états. Tout le monde l’utilise, travaille pour en gagner et en désire davantage. Mais peu de personnes savent réellement comment l’argent est fabriqué.

Si la création monétaire peut paraître intangible, elle est néanmoins bien réelle.  Pendant des millénaires, les métaux précieux ont été utilisés pour régler ses achats, mais aujourd’hui 90 % des échanges se font de manière virtuelle, par chèque ou mouvements électroniques.

Il revient aux banques centrales et commerciales de créer de l’argent, et ces dernières peuvent créer deux types de monnaie : la monnaie fiduciaire, c’est-à-dire les pièces et billets, et les réserves, ou monnaie de base.

Les premiers échanges se faisaient grâce au troc

Avant le développement des moyens de paiement modernes, les échanges se faisaient grâce au troc : deux personnes possédant un bien désiré par l’autre personne se mettaient d’accord pour un échange.

Mais ce mode de transaction ne permet qu’une transférabilité et divisibilité limitées. Par exemple, si vous possédiez une vache et aviez besoin de bananes, il aurait été impératif de trouver une personne qui possédait des bananes et désirait de la viande, pour que l’échange soit équitable.

La monnaie marchandise pour plus de transférabilité

Pour résoudre ces problèmes, la monnaie marchandise a été créée, cette dernière basée sur la valeur d’un bien sous-jacent. Ces marchandises étaient durables, transportables et facilement stockées, ce qui en faisait des biens très désirés et de grande valeur.

On peut par exemple citer la monnaie aux États-Unis qui fut indexée sur l’or jusqu’en 1971. Les gouvernements étrangers étaient alors capables d’échanger leurs dollars américains contre de l’or auprès de la Réserve Fédérale.

La monnaie fiduciaire : pièces et billets

De nos jours les monnaies dont la valeur est équivalente à leur valeur faciale, comme les pièces d’or, ont presque disparu en faveur des monnaies fiduciaires.  Ces pièces et billets représentent une garantie de disposer d’un bien d’une valeur équivalente.

Il faut noter que seulement 5 % de la masse monétaire en circulation se trouve dans les pièces et billets. Le reste des échanges se fait de manière électronique ou par chèque, c’est-à-dire de manière virtuelle. Les instituts d’émission de monnaie comme la BCE, la Fed américaine et les autres banques centrales sont les seuls établissements habilités à créer de la monnaie fiduciaire.

La monnaie scripturale : virements électroniques, chèques

95 % de l’argent en circulation est représenté par de la monnaie dite scripturale, résultat d’écritures informatiques. L’évolution de ce type monnaie a été exponentielle depuis les trente dernières années grâce au succès fulgurant du chéquier, puis des cartes bancaires et enfin des paiements par smartphone.

Ce phénomène est également lié à certaines interdictions de paiement en liquide ou à l’émergence de nouveaux moyens de paiement scripturaux. Plus récemment, l’ascension du commerce en ligne a d’autant plus favorisé l’utilisation de la monnaie scripturale.

Qui créé la monnaie et comment ?

Les banques commerciales créent de la monnaie en accordant des crédits à leurs clients. Dans ce but, il est essentiel qu’elles possèdent des sommes d’argent importantes afin de faire face aux emprunts. Ainsi, pour 100 euros en réserve, une banque pourra offrir un crédit de 80 euros.

Les Banques Centrales contrôlent le volume de monnaie en circulation dans un pays. Si une Banque Centrale veut augmenter ce volume, elle peut bien sûr imprimer de la monnaie, politique qui prend le nom de « planche à billets ». Mais étant donné que les pièces et billets ne représentent qu’une petite part de la monnaie totale en circulation, cela n’aura qu’un effet limité sur l’économie.

La Banque Centrale peut également augmenter le volume de monnaie en achetant des titres d’état à revenu fixe. Lorsqu’elle achète ces titres, la Banque Centrale place l’argent dans les mains du public. A l’inverse si la Banque Centrale désire diminuer le volume de monnaie en circulation, il lui suffit de vendre des titres d’état.