Les perspectives économiques de 2017

Lors de la conférence Alvexo qui s’est déroulée à Paris, les experts du trading ont présenté leurs perspectives économiques pour 2017.

Lors de la conférence Alvexo qui s’est déroulée le 24 novembre dernier, les spécialistes du trading, Benjamin Mauget et Pascal Trichet, ont abordé de nombreux sujets, notamment le bilan économique de l’année 2016, pour finalement partager leurs perspectives pour 2017.

Alors que le FMI reste optimiste et maintient ses prévisions de croissance, l’économie mondiale restera à haut risque, soumise à un agenda politique très chargé, entre Brexit, arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche et élections au sein de plusieurs pays européens.

L’incertitude politique pèse sur l’économie globale

2016 fut une année extrêmement mouvementée, et il est ainsi difficile pour les économistes de dresser des pronostics précis pour l’année 2017.

Selon eux, la croissance et les marchés financiers seront grandement dépendants des aléas politiques à travers le monde. Commençons tout d’abord par l’élection de Donald Trump, dont les décisions en matière de fiscalité, de commerce et d’énergie impacteront l’économie globale.

En Europe, il sera temps pour le Royaume-Uni de tirer sa révérence après le Brexit, tandis que plusieurs pays du vieux continent connaîtront des élections présidentielles et législatives, et que d’autres pays comme la Grèce et l’Italie inquiètent grandement les spécialistes des marchés.

Le FMI optimiste, maintient ses prévisions de croissance

Selon le Fonds Monétaire International, le PIB mondial devrait progresser de 3,4 % en 2017 et 3,6 % en 2018, sous réserve des futures décisions de l’administration Trump.

Même si l’institution reconnaît qu’il existe une grande variété de résultats possibles pour 2017, elle n’a pas jugé nécessaire de revoir ses prévisions de croissance, publiées au second semestre de l’année dernière. Ainsi, la hausse du PIB des pays développés devrait se situer aux alentours des 1,9 %, et celle des pays en développement à 4,5 %.

A noter que ces prévisions sont particulièrement incertaines pour les pays industrialisés, suspendus aux futures décisions de Donald Trump qui auront des répercussions certaines sur leur économie.

Donald Trump pourra t-il redonner sa grandeur à l’Amérique ?

« Make America Great Again », c’est le slogan sur lequel le 55ème Président américain a bâti sa campagne. Sera-t-il capable de tenir sa promesse ? Sa proposition de « bout » fiscal n’est pas une mauvaise idée en soi, car la réduction de l’imposition des ménages et des sociétés permettrait d’accélérer la reprise.

Mais avant d’en arriver là, il sera confronté à un certain nombre d’obstacles : il est tout d’abord nécessaire de convaincre la majorité républicaine du Congrès d’accepter de creuser le déficit et d’augmenter la dette publique, pour ensuite créer des partenariats publics et privés pour lancer les chantiers prévus.

Tout cela peut prendre du temps, beaucoup de temps. Outre la politique fiscale, c’est la politique de commerce internationale qui pourrait avoir des effets désastreux étant donné le protectionnisme affiché de Trump.

Si le Président surtaxe les produits chinois, la guerre commerciale avec le géant asiatique sera déclarée et le pouvoir d’achat des ménages américains sera amputé. Il s’agit de deux mauvaises nouvelles pour le pays. Enfin, la personnalité du nouveau président, son isolationnisme et sa façon de mélanger politique et affaires inquiètent les économistes.

La zone euro espère renouer avec la croissance

Tandis que les États-Unis ont renoué avec la croissance au cours des dernières années, l’économie de la zone euro plafonne entre 1,5 % et 1,7 % par an. La reprise est bien présente, mais à un rythme qui reste très décevant.

Pour 2017, les spécialistes laissent peu de place à l’optimisme. Selon eux, l’espace économique européen a bénéficié d’une conjoncture favorable en 2016 avec une baisse des prix du pétrole et un affaiblissement de l’euro face à ses pairs.

Mais en 2017, il faut ajouter à cela un ralentissement de l’économie britannique après le Brexit, ainsi qu’une vague d’élections au sein de plusieurs pays tels que la France, l’Allemagne et les Pays-Bas.

Cela pourrait engendrer un tassement de l’activité et un ralentissement de la croissance à 1,2 % contre 1,7 % en 2016. Après avoir annoncé la prolongation de ses mesures de soutien à l’économie jusqu’en décembre 2017, la Banque Centrale Européenne est à court de munitions.

La Chine poursuit sa transition structurelle

Le géant asiatique tourne à présent au ralenti, et affiche une baisse continue de ton taux de croissance. Celle-ci était de 6,9 % en 2015 et 6,7 % en 2016, soit le taux le plus bas depuis 25 ans.

Selon les économistes, ce ralentissement est dû à la baisse de la demande en produits chinois qui résulte de la léthargie de l’économie mondiale, mais pas seulement : le pays tente depuis des années de rééquilibrer son modèle de développement.

Il vise à diminuer la part des industries lourdes de son économie afin de se tourner vers des secteurs à forte valeur ajoutée destinés à son marché intérieur, tels que les services.

Aujourd’hui, cette transition est déjà bien amorcée, l’industrie des services représentant 50% du PIB. Mais jusqu’à date, les entreprises ont retardé la transition à tout prix et Pékin a permis aux banques d’état de leur attribuer du crédit de manière massive. Le risque pour 2017 réside donc dans le surendettement des entreprises.

En France, le chômage devrait continuer à baisser timidement  

La France affiche une légère baisse de son taux de chômage à compter du deuxième trimestre de 2016, en raison d’une multitude de facteurs favorables, tels que la baisse des prix du pétrole, un euro faible et des taux d’intérêt proches de zéro.

Il faut ajouter à cela des mesures mises en place sous l’administration Hollande, à savoir la politique de « traitement social du chômage ».

L’économie a ainsi créé des postes, ce qui s’est accompagnée d’une croissance du PIB de 1,2 % sur l’année. La conjoncture pourrait être beaucoup moins favorable en 2017, même si la BCE a annoncé la prolongation de ses mesures de soutien.

Les spécialistes tablent donc sur un taux de chômage très timide pour cette année, à environ 9,4 % sur l’année versus 9,7 au troisième trimestre de 2016.