La hausse des taux d’intérêt et ses conséquences

La Banque centrale américaine a relevé son taux directeur d’un quart de point, et le taux interbancaire de jour se situe à présent entre 0,50 % et 0,75 %.

Mercredi 14 décembre dernier, la Banque Centrale Américaine (Fed) a relevé son taux directeur principal d’un quart de point de pourcentage, en citant l’amélioration du marché de l’emploi, ainsi que les progrès notables de l’inflation.

Après cette hausse décidée à l’unanimité, la deuxième en dix ans, le taux interbancaire se situe à présent entre 0,50 % et 0,75 %. Les marchés boursiers ont peu réagi face à cette nouvelle qui était largement anticipée.

Le FOMC a également annoncé trois hausses de taux successives durant les trois prochaines années, soit à un rythme plus soutenu que prévu. Cela signifie que les taux pourraient atteindre 2,75 %-3 % d’ici fin 2019.

Étant donné que ces taux plafonnaient à 0,00 %-0,25 % jusqu’à décembre 2015, cela représente une hausse considérable. Pour rappel, les taux déterminés par la Fed américaine affectent les marchés du monde entier, des cartes de crédit aux obligations de sociétés.

Ces taux sont si puissants qu’ils sont capables d’influencer les décisions politiques aux États-Unis, mais aussi à l’étranger.

La liste de conséquences ci-dessous est non exhaustive, mais représente néanmoins un bon début pour comprendre les conséquences des hausses des taux de la Fed.

Petit rappel : taux d’intérêt directeurs

Pour faire simple, l’intérêt est le coût supporté par une personne pour utiliser l’argent d’une autre personne. Les propriétaires de biens immobiliers connaissent bien ce scénario : ils utilisent l’argent prêté par la banque à travers un emprunt afin d’acheter une maison, et doivent par la suite payer des intérêts à la banque en compensation.

Mais quand on en vient au marché des actions et à l’impact des taux d’intérêt, les choses se compliquent. Pour les investisseurs, les taux d’intérêt les plus importants sont ceux de la Réserve Fédérale américaine : ceux-ci déterminent le coût supporté par les banques privées lorsqu’elles empruntent de l’argent aux Banque centrales.

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Mais pourquoi ce chiffre est-il si important ? Ces taux sont un moyen pour la Fed de contrôler l’inflation, elle-même poussée à la hausse par une quantité de liquidités trop importante sur le marché.

En bref, en augmentant les taux d’intérêt fédéraux, la Banque Centrale diminue la quantité d’argent disponible, ce qui rend l’argent difficile à obtenir, et donc les emprunts plus onéreux.

Effets de hausse des taux sur les marchés financiers

1. L’emprunt devient plus onéreux

Les taux d’intérêts directeurs de la Fed impactent uniquement le taux de financement à un jour pour les banques. En d’autres termes, cela n’affecte pas directement les consommateurs ou le secteur non bancaire.

En revanche, les taux d’intérêt à l’emprunt vont eux directement affecter les consommateurs. Ainsi, quelques heures après l’annonce de la Fed, chaque banque a annoncé la hausse du taux d’intérêt principal de 3,50% à 3,75 %. Il devient dont beaucoup plus cher d’emprunter de l’argent.

2. Les épargnes plus rentables mais seulement à long terme

Les banques subissent également l’effet des taux d’intérêt plus élevés, car elles empruntent l’argent des épargnants pour le faire fructifier. Résultats, les comptes épargnes deviennent plus rémunérateurs.

Mais ne vous attendez pas à des miracles. Si on laisse de côté les gains de trading, les frais de gestion et autres revenus, les banques profitent de l’écart entre les taux qu’elles offrent et les taux auxquels elles empruntent : elles ont peu d’incitation à augmenter les taux d’intérêt qu’elles offrent sur les comptes d’épargne.

Il est certain qu’à un moment donné les taux d’intérêt des comptes épargne vont augmenter, mais cela sera seulement attribuable à la concurrence entre les banques pour attirer les clients.

3. Les actions et obligations seront en danger

Une liquidation de la dette publique pourrait accélérer la baisse du marché des obligations, qui a d’ailleurs commencé après la victoire de Donald Trump aux élections présidentielles.

Comme l’a déclaré Jeffrey Gundlach, fondateur de la firme d’investissement DoubleLine Capital LP, une hausse des taux des bons du trésor au-dessus de 3 % pourrait avoir un impact sur le marché des liquidités pour les obligations de sociétés et obligations de pacotille. Mais les actions et le marché de l’immobilier sont aussi en danger.

Des taux plus élevés rendent la tâche plus difficile pour les sociétés qui souhaitent emprunter, ce qui ralentit inévitablement l’embauche, la constitution de capital ainsi que les achats.

4. Le dollar américain se renforce

Une hausse des taux d’intérêt va rendre l’investissement dans les bons du trésor et les actifs indexés sur le dollar américain plus lucratifs. Ainsi les capitaux en provenance des pays étrangers vont affluer, en particulier depuis les marchés émergents risqués.

Finalement, le dollar américain va se renforcer versus les autres devises, ce qui aura un effet profond sur les échanges, et donc la politique en raison du climat sceptique qui règne autour du libre-échange depuis l’élection de Trump.

Comme nous venons de le voir, les taux d’intérêt définis par la Fed ont un impact profond et prolongé sur l’économie. Lorsqu’ils augmentent, la quantité d’argent en circulation diminue, ce qui permet de maintenir l’inflation à un bas niveau.

Mais en contrepartie, cela rend aussi l’emprunt beaucoup plus onéreux, ce qui affecte inévitablement la manière dont les consommateurs et entreprises dépensent leur argent.

En ce qui concerne l’investissement, la hausse des taux rend le marché des actions plus risqué et aléatoire, surtout après l’élection de Donald Trump.

Il est important de garder en tête que tous ces facteurs sont corrélés entre eux, que les possibilités sont infinies et qu’il ne s’agit en aucun cas d’une science exacte. Quoi qu’il en soit, le taux d’intérêt n’est pas le seul facteur déterminant de la bonne santé des marchés financiers.