Investir avec succès grâce à la finance comportementale

Votre intuition peut vous mener à effectuer des erreurs d’investissement dramatiques pour votre portefeuille. Voici comment les éviter.

Au sein de l’économie actuelle et surtout après la crise financière de 2008, l’étude des émotions et sentiments humains qui mène aux investissements est très populaire parmi les chercheurs et analystes comportementaux.

Il s’avère que les investisseurs cèdent bien souvent à des pulsions passagères qui ne sont pas toujours compatibles avec des retours sur investissement positifs sur le long terme. Cela concerne également les investisseurs chevronnés, qui ont des connaissances avancées des règles de base pour bâtir leur fortune : ceux-ci sont la plupart du temps ignorants de leurs propres erreurs qu’ils répètent indéfiniment sans le savoir.

La « finance comportementale » est ainsi apparue, celle-ci ayant pour vocation à expliquer les décisions financières irrationnelles grâce à la combinaison de l’analyse comportementale, cognitive, et des tendances économiques et financières. Nous avons regroupé pour vous les cinq erreurs d’investissements les plus connues qui peuvent vous empêcher d’atteindre vos objectifs financiers sans que vous le sachiez.

Grâce à cet article, vous pouvez repérer les erreurs qui pèsent sur votre portefeuille et prendre les mesures nécessaires pour les corriger.

Bases de la finance comportementale

Comprendre la différence entre esprit intuitif et esprit rationnel

L’intuition nous permet de prendre des décisions rapidement, avec facilité et un effort minimum. Mais l’issue est aléatoire : cela peut mener à des décisions judicieuses ou dévastatrices. D’un autre côté, l’esprit rationnel est plus lent, analytique et nécessite un plus grand effort intellectuel. Le rôle d’un conseiller financier est de comprendre l’esprit rationnel de ses clients, afin de les aider à réduire les erreurs causées par l’esprit intuitif.

Contrer la paralysie de l’investisseur

Les retombées psychologiques de la crise financière de 2008 ont été dévastatrices. D’énormes quantités de liquidités ont stagné pendant que les investisseurs attendaient que le marché baisse. Les conseillers financiers eux-mêmes peuvent être confrontés à cette attitude connue sous le nom de « paralysie de l’investisseur ».

La solution ? Un programme appelé « Investir davantage demain » qui a pour but de dépasser l’aversion au risque et la procrastination. Cette stratégie vise tout d’abord à dépasser la peur de voir un portefeuille décliner (ou aversion à la perte), puis à dépasser la tendance à remettre les choses au lendemain au lieu de les faire aujourd’hui (la procrastination).

Les 5 erreurs d’investissement à éviter

1. Investir sans avoir de plan défini à l’avance

Un grand nombre d’investisseurs (plus de 70 % d’entre eux), n’aurait aucun plan financier. Sans une compréhension claire et précise de leurs actions, il devient très difficile pour eux d’atteindre leurs objectifs, quels qu’ils soient. La discipline est primordiale dans cette industrie.

C’est en fait le principal facteur qui aide les investisseurs à faire les choix décisifs pour atteindre leurs objectifs de revenus. Sans un plan précis et une grande discipline, beaucoup d’investisseurs échouent. Les paramètres à considérer lorsque vous créez un plan financier sont les flux de trésorerie, le taux de dépense, l’appétence pour le risque, l’horizon temporel, ainsi que la liquidité.

2. Se débarrasser des titres peu performants

Disons que vous possédez un portefeuille qui contient 50 % d’actions contenues dans le S&P 500, et 50 % d’obligations contenues dans un fonds iShares ETF agrégé Barclays, au 1er janvier de l’année. Si à la fin de l’année, les actions sont hautes et les obligations sont basses, il est probable que vous vous débarrassiez des obligations et transfériez votre argent vers des actions.

Mais si à la fin de l’année suivante, les obligations font leur grand retour et les actions déclinent, vous allez à nouveau faire marche arrière. Cette approche « tout ou rien », c’est-à-dire 100 % ou 0 % actions n’est pas viable. Laisser tomber les « perdants » signifie aussi abandonner l’opportunité de profiter des gagnants de demain.

Il est essentiel de considérer une règle de placements nette et précise pour votre portefeuille, afin de diversifier vos actifs et mieux comprendre les risques limites auxquels vous souhaitez vous exposer.

3. Observer le marché sans relâche

Avoir accès à trop d’informations, c’est possible. Entre les chaînes d’informations 24/24 et les publications mensuelles des investisseurs, le volume de faits et chiffres auxquels vous avez accès est gigantesque. Mais est-ce que cela vous aide vraiment à prendre des décisions profitables ?

Les nouveaux investissements à la mode font toujours la une, comme les actions internet telles que les ETF PowerShares (Nasdaq: QQQ) à la fin des années 1990 ou les ETF immobiliers comme les iShares Dow Jones US Real Estate (NYSE: IYR) dans les années 2000, jusqu’aux ETF de l’or comme les SPDR Gold Shares (NYSE: GLD) aujourd’hui.

On ne peut affirmer qu’il faut éviter tout ce qui est populaire, mais vous devriez limiter l’exposition de votre portefeuille à ces secteurs hautement volatiles, et envisager les nouvelles idées à la mode avec un certain scepticisme, pour leur allouer seulement 10 % de votre portefeuille.

4. Tergiverser entre le trading et l’investissement

La distinction est simple : le trading donne une gratification instantanée, tandis que l’investissement permet de construire une fortune sur le long terme. Beaucoup d’investisseurs ont des difficultés avec la gratification différée. Ils deviennent obsédés par des investissements de style loterie, qui promettent des retours immédiats.

Le problème est que les investisseurs se révèlent assez malchanceux pour prédire le marché. Devenir un investisseur sur le long terme est un challenge, et cela ne devrait en aucun cas devenir une source de divertissement ou un moyen de se procurer des émotions fortes.

C’est un métier difficile qui nécessite d’anticiper le marché et de faire des réserves de liquidité pour ce qui ne peut être anticipé. En tant qu’investisseur de long terme, il est également important de comprendre les obstacles administratifs auxquels vous allez faire face.

5. Comparer votre portefeuille à celui de quelqu’un d’autre

De nombreux investisseurs deviennent obsédés par ce que font leurs amis, voisins ou collègues, et perdent de vue leurs propres objectifs. Aujourd’hui, tout le monde parle de l’action Apple, mais cela ne signifie pas que le géant de la technologie est le seul actif pour investir votre argent.

Le problème ici, c’est que vous n’êtes pas votre voisin. Il est peut-être à 10 ans de prendre sa retraite, alors qu’il vous reste 30 ans. Son appétence pour le risque peut être également supérieure à la vôtre. De plus, votre voisin parlera beaucoup plus facilement de ses succès, en omettant de mentionner ses échecs financiers.

C’est un concept appelé « billet gagnant » : si quelqu’un va au champ de course, il a tendance à montrer ses tickets gagnants et à glisser les perdants sous les gradins. La leçon à tirer est tout simplement : écoutez toujours, mais avec un certain scepticisme.